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"Que faire ?" (La suite)

« Que faire ? » : il convient d’expliciter très précisément l’essence bien particulière contenue dans cette question en apparence anodine et qui ne manquera pas de nous rappeler le titre d’un ouvrage écrit par Lénine et publié en 1902.
En quoi cette question est-elle très différente de la précédente et telle que nous nous la posons ici-même : voilà qui est crucial de le démontrer, afin d’en saisir toute la portée exclusive qui lui sera réservée, tout au long de nos développements.
L’essentiel par quoi se distinguent ces deux questions de forme homonymique se situe entre le quid et le quod par quoi elles sont radicalement opposées l’une à l’autre. Car en effet, la question telle que la pose Lénine, et ainsi que l’on peut l’entendre plus généralement, réside dans le fait que cette dernière présuppose un but, un objectif à atteindre, et seuls les moyens d’y parvenir sont l’objet même, le « pour » quoi « faire » auquel la question est rattachée, à savoir que celle-ci traite avant toute autre chose, du choix des moyens, permettant d’y apporter une réponse satisfaisante, voire encore la solution ultime. C’est aussi pourquoi celle-ci s’engage alors dans un champ de nature empirique a postériori et non pas quodditative et a priori, ainsi que nous l’entendons nous-mêmes.
Car quand à celle qui nous intéresse ici plus particulièrement, elle n’offre au contraire de prise à aucun moyen, du fait qu’aucun but n’est recherché en dehors de la question elle-même : c’est sa quoddité-même qui est le « pour » quoi « faire » de la question, en tant qu’elle s’offre à elle-même comme son propre et unique objet, hors de quoi il n’y a pas de solution possible, ni à espérer, ni à attendre.
Mais alors pourquoi se poser la question en ce sens-là, nous dira-t-on : ce à quoi nous pouvons dores et déjà répondre que c’est précisément du fait que nous n’avons pas le "choix" et que cette dernière et toujours antérieure et a priori (ce qui n’empêche nullement que l’on parvienne généralement à l’englober dans l’objectif propre à la première, au point d’en oublier totalement cette antériorité métempirique absolue).

D’autant plus même que la question est toujours déjà à elle-même sa propre réponse, ce qui est une évidence, si l’on comprend bien et considérons en toute lucidité que nous sommes toujours déjà dans un « faire », et ce avant même de prendre conscience de la question, aussi absolue et a priori soit-elle. Ce qui en outre est assez rarement le cas, il faut bien le reconnaître : tant nous sommes constamment et d'ordinaire, comme aspirés à notre insu par biens des objectifs à atteindre.

 

Nous appelons généralement du nom de « volonté » cet « engagement » et non pas seulement au sens sartrien, puisque nombre de philosophes, dont Schopenhauer, Nietzsche et biens d’autres, y ont même vu l’Essence métaphysique voire ontologique de toutes les formes de vie existante.

Camus lui-même n’a pas échappé à cette « motivation », posant la question du suicide comme la question philosophique par excellence : c’est dire combien lui-même en était encore resté au second plan, par lequel « notre » questionnement s’offrait encore à lui comme une « motivation » à vivre ou à mourir. 

 

 

 

 


NDLR : Mais n'est-ce pas le propre de la philosophie que d'attirer notre attention, de sorte à prendre conscience des choses les plus simples et qui nous échappent même d'autant plus, par leur extrême simplicité...

Mais Camus eût néanmoins, tout comme Shakespeare (« Être ou ne pas être : telle est la question ») et après lui Kierkegaard (« Ou bien, ou bien… »), une intuition proche de la question « Que faire ? », à savoir de par son côté absolu et non plus relatif du pour « quoi faire », si ce n’est qu’ils ont cependant posé eux-mêmes comme succédanée, la question du sens et de la valeur de la vie et notamment du point de vue existentiel, en outrepassant déjà par-là-même sa pure essence métaphysique vers les plans ontologique et phénoménologique chers à l’existentialisme. Celle-là-même qui nous intéresse ici tout particulièrement, et sur quoi se fonde toute l’originalité de notre propre questionnement, en tant que pure essence de la question. C’est dire à quel point notre démarche remet la métaphysique à l’honneur, ainsi qu’elle le fut depuis Platon jusqu’à la philosophie propre au XVIIIème siècle à l’époque des « Lumières ».

Un constat qui ressort de tout ceci est que de par le développement des sciences, la métaphysique s’est retrouvée comme écartée du monde des « réalités » propres à l’existence et à la survie du genre humain notamment, au point de choir dans un pragmatisme existentiel et phénoménologique qui a fait dire à Heidegger que la question de l’Être mettait ainsi un terme définitif à la métaphysique classique.

En ceci, l’on peut considérer Bergson comme une sorte d’extra-terrestre de la philosophie moderne : lui qui n’hésitait pas à affirmer que tout philosophe devait avoir deux philosophies, à savoir la sienne-propre et celle de Spinoza.

C’est dans le désœuvrement que se pose "La" question de la façon la plus authentique, au sens où nous l’entendons : il ne s’agit pas de trouver un complément au « faire », ni d’objet, ni de manière, mais de s’interroger en englobant la totalité du possible, au sein d’une réflexion empreinte de la plus totale humilité.

« Que faire ? », est sans « pourquoi » : tout comme la « Rose » D'Angelus Silesius.

Le sage qui s'est porté au-dessus de lui-même
Repose quand il court, agit quand il contemple. 

(Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renouard , p.428, Rivages poche n°464) 

Voilà qui ressemble étrangement au : « Penser en homme d’action et agir en homme de pensée » de H.Bergson.

A suivre…


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